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sapeur-pompier

 

LA LUTTE CONTRE LE FEU DES ORIGINES A LA CREATION DU CORPS DE SAPEURS-POMPIERS

Vouloir retracer l'histoire de la lutte contre le feu au temps passé est une entreprise qui peut paraître assez ardue par le fait que, plus on s'enfonce dans la nuit des temps, plus rares sont les documents d'archives. Paradoxalement d'ailleurs les écrits de l'époque romaine sont plus nombreux que ceux datant des débuts du Moyen-âge.

Ces repères sont cependant suffisants car ils se rapportent à une époque où les progrès furent très lents et où la situation resta figée des siècles durant.

Comment s'organisait la lutte contre le feu avant l'avènement de la pompe à incendie?

Imaginons ce qu'étaient les agglomérations d'alors. Villes ou bourgades avaient leurs maisons principalement construites en bois, serrées et enchevêtrées les unes aux autres encadrant des ruelles étroites et tortueuses. Les toitures étaient en général en surplomb des ruelles, disposition qui favorisait l'extension des incendies. Il n'est pas étonnant que, dans ces conditions, il arriva que des quartiers entiers, voire des villes entières fussent réduits en cendres.

Munster n'échappa pas à ces calamités et la cité ainsi que l'Abbaye furent plusieurs fois la proie des flammes au cours des premiers siècles de leur existence.

Dès le l4ème siècle la ville était ceinturée de remparts et de fossés entourant la cité et le monastère. Au 16ème siècle l'enceinte formait une espèce de losange dont la surface était d'un peu moins de cinq hectares. La muraille était double vers l'est et le nord. Deux portes avec toiture à clocheton donnaient accès à la ville, celle de l'est était double. Une troisième porte au sud donnait directement accès au couvent. Deux tours, l'une à l'angle sud-ouest et l'autre, plus importante, à

l'angle nord-ouest (Place du Il Novembre) et dénommée tour des sorcières complétaient les défenses. Hors les murs à quelques deux cents mètres à l'ouest de la porte supérieure (Obertor) on trouvait un groupe d'habitations qui formaient le quartier du Birken tandis qu'à l'est, l'église Saint-Léger dont la première édification date du 11ème siècle se trouvait aussi hors des remparts. De nombreux moulins étaient exploités tout au long du Stadtbach, canal traversant la ville.

Telle quelle la physionomie de Munster ne changea guère jusqu'au jour où sur ordre du Préfet

Félix Desportes, surnommé «le démolisseur de portes», il fallut en 1802 démolir les portes et les tours.

Lorsqu'un sinistre se déclarait, toute la population participait à la lutte contre le feu. Des règlements relatifs aux incendies avaient bien été promulgués mais, les moyens de lutte COJ1tre le feu étaient sans commune mesure avec l'ampleur que prenaient les sinistres.

Dès 1578 le Conseil de la ville qui administrait les villages et les forêts de la communauté ordonnait aux bourgeois de tenir à disposition un certain nombre de baquets, échelles et seaux sous menace d'une amende de 60 batzen à tout contrevenant. D'ailleurs le Conseil n'hésitait pas à distribuer moultes amendes à tous ceux qui contrevenaient aux règlements. Considérant que le feu ne prenait que dans les maisons où l'on avait commis quelque imprudence, le sinistré se voyait frappé d'une amende de six livres de pfennig.

Vers 1680, dès l'alerte donnée par le tocsin, les citadins étaient tenus d'apporter baquets, échelles et seaux, tonneaux, haches, chariots et attelages pour apporter prompt secours. La direction des secours était assurée par des citoyens désignés qui avaient le titre de «Feuerschauer». Les portes de la ville étaient fermées afin d'éviter l'incursion de voleurs.

Un siècle plus tard les habitants devaient toujours participer à la lutte contre le feu mais on ne leur demandait plus d'apporter du matériel d'extinction.

 

 

Début 1700 le Conseil impose à chaque commune de la vallée la confection de seaux, échelles et crochets, ce matériel ayant fait défaut lors d'un récent incendie. Un an plus tard on fera l'acquisition à Colmar de seaux en cuir. Il faudra trois charrettes pour les livrer.

Quelques années plus tard la première pompe à feu fera son apparition. Nous ne connaissons pas la date exacte de cette acquisition, mais en 1718 trois vaillants bourgeois furent investis de l'entretien de cette première «pompe à feu» comme on disait à l'époque. TI s'agissait de Elias STUTZ, Friedrich WIEDEMANN et du jeune Johann BRESCH qui ont droit au titre de premiers pompiers

du Val et de la Ville de Munster.

Cette première pompe était destinée à toute la communauté de la vallée et il est fort probable qu'elle servit en 1730 lors d'un grand incendie à Metzeral où un détachement de secours Munstérien vint prêter main forte aux habitants du village. Ainsi dès cette époque Munster faisait office de Centre de Secours.

 

A l'arrivée de cette première pompe à incendie, Munster disposait déjà d'un matériel de lutte contre le feu grâces aux dispositions prises antérieurement. Il Y a tout lieu de penser qu'une partie de ce matériel n'appartenait pas en propre à la commune mais aux Corporations (Zünfte).

Ce sont les corporations et notamment celle des maçons et charpentiers qui étaient plus spécialement chargées de remplir le rôle de nos pompiers actuels. A Munster il existait quatre corporations. La population devait cependant aider à l'ouvrage en assurant notamment l'approvisionnement en eau ..

Un chef de pompe ou «Obsichten> avait été désigné en 1734 en la personne de Christian ERARDT.

Vers 1754, Muhlbach possède une pompe destinée à la grande vallée. Le Conseil désigne deux responsables pour chacune des communes de Sondernach, Metzeral, Muhlbach et Breitenbach.

En 1776, suivant un état fourni à la demande de l'Intendant d'Alsace on compte six pompes à Munster et cent cinquante seaux «le tout bien conditionné». D'autre part se trouve aussi proche

de l'endroit où ces pompes sont logées, un chariot chargé de grandes échelles à feu et crochets

toujours prêt à être attelé.

Quant aux villages formant la communauté du Val et de la Ville de Munster, ils possèdent le matériel suivant :

   Sou1tzeren :                         19 seaux en cuir

   Stosswihr :                           36 seaux en cuir

   «Lautenbach»                       point

   «Hohroth» :                          19 seaux en cuir

   «Eschpach» :                       7 seaux en cuir

   Muhlbach : 1 pompe             32 seaux en cuir

   Sondernach :                        point

   Metzeral                               point

   Breitenbach :                        30 seaux en cuir

Ce qui nous fait pour l'ensemble ville et villages: 7 pompes et 293 seaux.

Le financement des achats et de l'entretien du matériel sera assuré à partir de 1790 à l'aide d'une taxe spéciale de trois livres connue sous le nom de «Feuereimergeld» dont devait s'acquitter tout nouveau marié ou tout étranger s'établissant dans la ville. Le produit de cette taxe était destiné à l'achat de seaux en cuir. Cette coutume ne disparaîtra que vers 1825.

A la Révolution de 1789 les corporations sont dissoutes et le service des incendies fut confié à la Garde Nationale qui avait également à assurer l'ordre. Elle avait été organisée à Munster dès 1790 par le Capitaine DULONG, qui y avait été largement de sa poche notamment pour la constitution d'une musique. Le 3 Juillet 1791 il fut même créé une seconde compagnie, mais, seule la possession d'un sabre permettait de distinguer un garde national. Le Capitaine Dulong ne tardera pas à démissionner en octobre 1791, écœuré du mauvais vouloir qu'il rencontrait auprès de la municipalité peu disposée à lui rembourser ses frais. L'activité de la garde nationale laissant à désirer, la ville continuera à diriger, comme par le passé, l'organisation de la lutte contre le feu.

Il faut noter au passage que depuis la Révolution, les communes de la vallée sont devenues autonomes. Elles dirigent donc elles-mêmes le service d'incendie, comptant, comme d'habitude, sur le concours bénévole de la population, le budget restant cependant unique pour l'ensemble des dix communes. Ce n'est qu'en Juillet 1847 que la ville aura son budget propre.

Le 18 Ventôse An 12 (10 Mars 1804) le Préfet adresse au Sous-préfet et aux Maires de l'Arrondissement de Colmar une circulaire concernant les moyens à mettre en œuvre afin de prévenir les incendies. Il demande notamment au Sous-préfet (<un projet de règlement dans lequel seront désignées les communes, qui en cas d'incendie, devront porter secours à telle ou telle autre. n sera calculé sui: les distances et la facilité des communications entre les communes». C'est avant la lettre l'articulation des Centres de Secours telle que nous la connaissons aujourd'hui.

En 1804 nous trouvons: 5 pompes à Munster

1 pompe pour Soultzeren-Stosswihr

1 pompe pour Breitenbach-Muhlbach 1 pompe pour Metzeral-Sondernach

Le 28 Février 1815 le Préfet, Comte DE LA VIEUVILLE demande qu'on lui fournisse un état détaillé concernant le matériel d'incendie en possession des dix communes de la vallée.

 

Munster                      5 pompes                   260 seaux                                1 Officier

                                 2 petites pompes         5 échelles                                2 S/Officiers

                                                                 6 crochets                               14 Pompiers

Eschbach                        néant peuvent être rapidement secourues

Luttenbach                néant                         par Munster

Horoth           1 petite pompe      15 seaux              1 Chef

                                                                                          1 échelle              3 Pompiers

1 crochet

Metzeral                       1 pompe                         . 20 seaux      1 Chef

                                                                                                            1 échelle         3 Pompiers

2 crochets

Muhlbach                       1 pompe                       10 seaux      1 Chef

                                                                                                            2 échelles       3 Pompiers

1 crochet

Stosswihr                    1 petite pompe              30 seaux        1 Chef

                                                                                                            2 crochets      3 Pompiers

Sondernach                  1 petite pompe              20 seaux        1 Chef

                                                                                                            1 échelle         3 Pompiers

1 crochet

Soultzeren                      1 pompe                       60 seaux        1 Chef

                                                                                                           1 échelle         4 Pompiers

2 crochets

Breitenbach                  1 petite pompe              40 seaux        1 Chef

                                  2 échelles        3 Pompiers

1 crochet

 

 

Le 25 Juillet 1818, constatant le mauvais état des tuyaux en cuir équipant les pompes, le Maire de la Ville de Munster décrète : «A dater de ce jour et jusqu'au moment que l'administration locale croira devoir provoquer dans les intérêts de la commune des mesures contraires, chaque étranger nouvellement admis à domicile et chaque nouveau marié en cette ville sera tenu de fournir en lieu et place d'un seau d'incendie, la quantité d'un mètre de longueur de tuyaux neufs en cuir pour le service des pompes à feu».

La quantité et les dimensions de ces tuyaux seront indiquées par l'autorité locale, de concert avec le chef des pompiers, sans que toutefois la valeur de la quantité susdite à fournir puisse excéder la somme de 7,50 francs, prix actuel des seaux fournis jusqu'à ce jour.

La prestation de cette fourniture se fera toujours en nature, sans que sous aucun prétexte elle puisse être convertie en argent ni détournée de sa destination».

En 1820 parait un règlement d'organisation qui désigne les chefs de pompe, une quinzaine, désignés du nom de «Obmannen>. Il y en a trois pour chacune des grandes pompes. Un chef des Obmanner est également désigné en la personne de André HUMMEL, cabaretier. Enfin sont désignés pour la manœuvre des pompes huit hommes par pompe (les ouvriers).

Le 9 Avri11826 le Maire BARTHOLDI fait paraître un règlement d'organisation particulièrement précis.

La Compagnie des Obmanner pour le service des pompes à incendie est organisée de la façon suivante :

                          Gérard, Notaire                          - Chef des pompiers

                          Jean Bresch                                - Sous-chef

                          André Hummel                           - Surveillant du dépôt des pompes

 

 

Ce règlement précise en outre le rôle de chacun en cas de sinistre :

-- Convocation de toute la population sur les lieux du sinistre par le tambour municipal battant la générale.

Obligation pour tout habitant de placer une lampe allumée devant sa fenêtre lorsque le tocsin annonce un sinistre nocturne.

- Devoir du sinistré d'ouvrir toutes les portes de sa maison et de prévenir sur le champ les voisins.

Rassemblement des chefs de pompe au dépôt où chacun, revêtu de son uniforme et coiffé du casque (Feuerkappe) prend en charge sa pompe, laquelle reste sous ses ordres pendant la durée du sinistre.

Réunion immédiate des tonneliers, de leurs ouvriers et des équipes spéciales porteuses de baquets pour alimenter les pompes.

- Présence obligatoire de tous les maçons, charpentiers et compagnons sur les lieux du sinistre pour dresser les échelles et manier les crochets.

Réquisition de tous les habitants qui aideront à exécuter tous travaux ordonnés par les responsables, notamment le transport du matériel.

- Ordre à tous les charretiers et propriétaires de chevaux de diriger leurs montures harnachées vers le dépôt des pompes, ceci en vue du transport des pompes et des agrès sur les lieux du sinistre. Députation de quatre cavaliers, dits «Feuerreiteo>, qui ont pour mission d'avertir différentes communes de la vallée.

- Visite trisannuelle du matériel d'incendie, vérification du fonctionnement des pompes, établis­sement du devis des réparations à effectuer.

Déversement des eaux du ruisseau, dit «Altgassbachlein»,.traversant le Birken dans les rigoles de la ville supérieure. Même manoeuvre pour les eaux du Stadtbach lorsque le feu a pris nais­sance dans la ville inférieure.

- Rassemblement à la mairie du détachement chargé de maintenir l'ordre public. Il veille à la sau­vegarde des meubles et effets retirés des maisons sinistrées. En outre, il stimule et dirige le zèle des citoyens devant prendre part aux travaux d'extinction.

Ce document montre bien que Munster disposait d'une solide organisation de lutte contre le feu, et qu'en fait elle possédait déjà un corps de sapeurs-pompiers mais celui-ci n'avait pas d'existence reconnue.

A la même époque les communes se sont organisées et possèdent un «Chef des Pompiers». Ce sont à Metzeral le sieur Spiesser

à Muhlbach le sieur Edel

à Breitenbach c'est Jacques Jaeglé

à Luttenbach c'est le citoyen Haberey à Stosswihr le sieur Braesch

à Soultzeren c'est un dénommé Goetz

Bien tôt la situation à Munster va se normaliser par la création officielle d'un corps de sapeur-pompier de soixante hommes.

Son histoire sera l'objet d'un autre chapitre.

 

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Dernière modification : 23 mars 2014